Developments pédagogiques

L’enseignement est toujours une composante très important du travail d’un professeur d’université, et j’ai toujours eu à coeur de me donner pleinement du point de vue des cours! Je suis donc toujours intéresser à développer, revoir et raffiner les cours que je donne, et toujours près à créer de nouveau cours pour répondre aux besoins ou aux envies qui se présentent à moi.

Au premier cycle

C’est peut-être mon esprit «mathématique», mais j’aime aussi beaucoup que les choses soient bien structurées, ce qui me permet un fois en classe de sortir du cadre tout en sachant assez bien «où je m’en vais»!

En fouillant dans mes dossiers, j’ai par exemple retrouvé dès 2010, à mon arrivée à l’UQAM, des planifications détaillées comme j’aime les faire, et que mes collègues apprécient aussi beaucoup! On y trouve un découpage temporel précis, les idées importantes à aborder, et des liens vers des ressources, des documents, etc. En voici un exemple qui remonte à 2010 justement:

Ceci s’accompagne donc souvent de documents pour la réalisation des activités dans le genre de ceci :

Mais aussi de PPT pour l’animation des séances, généralement fort appréciés des étudiants qui peuvent ainsi les utiliser comme notes de cours :

Souvent insatisfait des textes qu’on trouve comme support à l’enseignement, je me suis souvent risqué à prendre moi même la plume! Pour le cours MAT1026, j’ai fini par composer pas loin de 20 textes (j’en ai encore 1 ou 2 en cours) qui totalisent près de 100 pages… textes que je distribue toujours gratuitement aux étudiants du cours. Ce modèle me permet par ailleurs de revoir un peu chaque année les contenu des textes, pour mettre à jour et ajuster!

Depuis quelques années, j’ai aussi appris à apprécier Moodle. c’est pour moi une excellente manière d’organiser les contenus qui permet en même temps aux étudiants de garder le fil. Dans l’image suivante, on voit un peu comment une section est dédiée à chaque séance comprenant les objectifs d’apprentissage, des documents à lire en préparation, d’autres pour le travail en classe et suite au cours, et souvent je propose même un quiz (formatif) sur le contenu du cours. Il y a aussi des vidéos et le PPT utilisé durant la séance. Avec la pandémie, cette structure générale a été bonifiée de sorte que certains éléments ne sont pas visible dès le départ, ce qui aide les étudiants à progresser «pas à pas».

L’image ci-dessus présente un tout petit extrait d’un Moodle crée pour le MAT1026 et utilisé cette session-là par 3 chargés de cours et même. Je procède ainsi pour pratiquement les cours que je donne au premier cycle. C’est un travail énorme, mais je ne le fais pas que pour moi. Les professeurs et chargés de cours qui donnent le même sigle utilisent aussi toutes ces ressources.

Au supérieur

Ma démarche au 2e et 3e cycle est une peu différente parce que les cours que nous donnons ont toujours la forme de séminaires. J’ai beaucoup de plaisir avec de tels cours, ce qui explique que j’en ai fait pas mal, sur toutes sortes de thèmes. C’est assez facile pour moi vu la diversité de mes intérêts de recherche. En voici une liste:

  • MAT7195 Problématique et cadres conceptuels en did. des mathématiques
  • MAT8150 Informatique dans l’enseignement des mathématiques
  • MAT8200 Dynamique des apprentissages en classe de maths
  • MAT865K Ens. des math.: transitions ou ruptures inter-ordres
  • MAT865M Mathématiques, technologies et enseignement: regards croisés
  • MAT865N Histoire de la didactique des mathématiques: passé, présent, avenir
  • MAT865T Philosophie des mathématiques, éducation et recherche
  • MAT865U Activité mathématiques et théorisation contemporaines

Le plus souvent je compose moi-même le descriptif du cours, et puis je le construis en composant le plan de cours durant les quelques moins qui précèdent son ouverture.

De manière organique, je repère des textes à faire lire et discuter, j’imagine un format et des travaux (analyses de vidéo, production d’essais, de mini-recherche, de commentaires, de projets, etc.). J’aime la variété et ce qu’on pourrait appeler «l’innovation pédagogique», ayant la chance d’avoir un esprit au moins autant «créatif» que «mathématique». Voici quelques exemples de choses que j’ai fait avec les étudiants dans certains cours:

  • Réalisation de pages web présentant différents aspects de l’histoire de la didactique des mathématiques
  • Utilisation du KnowledgeForum pour l’élaboration collective d’un géant réseau de concepts
  • Réalisation d’un teaching experiement avec les étudiants dont les enregistrements sont ensuite analysés durant la session
  • Rédactions d’articles pour des journaux professionnels
  • Production de capsules vidéos
  • Composition d’un recueil de textes autour du thème «Qu’est-ce que la recherche en didactique des mathématiques»
  • Organisation d’un mini-colloque scientifique
  • etc.

À la session d’été 2020, en pleine pandémie (et avec 2 jeunes enfants à la maison dont je devrais m’occuper) j’ai sans hésiter fait le pari, pour répondre aux besoins des étudiants, de construire et donner un de ces cours en ligne (plutôt que de l’annuler). Un sacré défi, mais ce n’est pas ce genre de choses qui m’arrêtent.

En terminant, un petit mot à propos du cours MAT7120 que je donne régulièrement.

Ce cours est assez particulier car il s’agit d’une part de recruter des chercheurs du domaine (une dizaine chaque année) qui viendront parler de leurs recherches en cours avec les étudiants. Autour de ces rencontres, les réflexions des étudiants doivent être structurées par certains travaux. Une des composantes que j’ai mis en place au fil des années et de faire réaliser ces travaux sous la forme d’écritures récursives* qui permettent aux étudiants développer des habiletés et une compréhension du processus de rédaction essentiels à la réalisation de leur mémoire de maitrise. Je suis particulièrement fier de cette innovation qui répond à un besoin important qu’il est autrement assez difficile de combler.

* Les étudiants produisent la première d’un texte que je commente et qu’il révisent ensuite. Je commente à nouveau le texte et ils le révisent à nouveau. Et on le refait une troisième fois. À chaque itération, le texte grandi, se développe, se précise, se raffine, etc.